Étape 1 : décrocher le contrat (le permis vient après)
Première idée reçue à éliminer : vous n'avez besoin d'aucun permis pour postuler à Genève ou dans le canton de Vaud. Grâce à la libre circulation des personnes (accord Suisse-UE), un ressortissant français ou européen peut candidater, passer des entretiens et signer un contrat suisse sans autorisation préalable. Le permis G arrive après l'embauche, à l'initiative de l'employeur.
Les conditions de fond du statut de frontalier sont simples : résider en France et rentrer à votre domicile au moins une fois par semaine. La grande majorité des frontaliers rentrent chez eux tous les soirs.
Pour la recherche elle-même (CV au format suisse, portails d'offres, agences de placement), suivez notre guide Trouver un emploi à Genève depuis la France.
La Suisse compte environ 406 000 travailleurs frontaliers étrangers, dont près de 115 000 actifs dans le seul canton de Genève, premier canton d'emploi frontalier du pays (source : OCSTAT / Office fédéral de la statistique). Le salaire médian d'un frontalier à plein temps à Genève se situe entre 80 000 et 90 000 CHF brut par an.
Étape 2 : le permis G, demandé par votre employeur
Une fois le contrat signé, c'est l'employeur qui dépose la demande de permis G auprès de l'office cantonal compétent (l'OCPM à Genève). Votre rôle se limite à fournir les pièces : pièce d'identité, photo, justificatif de domicile en France et contrat signé. Le permis est généralement délivré sous 4 à 8 semaines, il est valable 5 ans et se renouvelle tant que vous restez en poste.
Dans la plupart des cas, vous pouvez commencer à travailler dès que la demande est déposée, sans attendre la carte : confirmez ce point avec votre service RH. Le détail complet des rôles est dans notre guide Permis G : qui fait quoi, vous ou l'employeur ?
Étape 3 : CMU ou LAMal, 3 mois pour choisir, et le choix est définitif
C'est la décision la plus lourde de conséquences de votre première année. Dès votre prise d'emploi, vous avez 3 mois pour exercer votre droit d'option entre l'assurance maladie française (CMU frontalier, cotisation en pourcentage du revenu) et l'assurance suisse (LAMal frontalier, prime fixe par personne). Passé ce délai, ou une fois le choix posé, il est en principe irrévocable tant que votre situation ne change pas.
Le bon choix dépend de votre revenu, de votre situation familiale et de vos besoins de soins des deux côtés de la frontière. Comparez les deux régimes avec vos vrais chiffres : notre comparateur CMU / LAMal fait le calcul en 2 minutes.
Étape 4 : salaire en CHF, impôt à la source, déclaration en France
À Genève, votre employeur prélève l'impôt à la source directement sur votre salaire, selon un barème qui dépend de votre situation familiale. Vous restez par ailleurs tenu de déclarer vos revenus en France (ils y sont exonérés d'impôt mais comptent pour le taux et les prélèvements sociaux selon votre situation).
Deux leviers à connaître dès la première année : la rectification DRIS (déductions supplémentaires accordées sur demande) et le statut de quasi-résident si plus de 90 % de vos revenus du foyer sont imposés en Suisse. Estimez votre impôt réel avec le simulateur d'impôt à la source.
Côté banque : ouvrez un compte en CHF (en Suisse ou compte multidevise) et surveillez les frais de change, qui peuvent représenter plusieurs centaines de francs par an sur un salaire frontalier.
Étape 5 : votre retraite se construit dès le premier salaire
Dès votre premier salaire suisse, vous cotisez à l'AVS (1er pilier) et, au-delà de 22 050 CHF de salaire annuel, à la LPP (2e pilier, la caisse de pension de votre employeur). Ensemble, ces deux piliers visent environ 60 % du dernier revenu à la retraite : l'écart se comble, ou pas, selon ce que vous mettez en place à côté.
Le 3e pilier frontalier a des règles spécifiques : le 3a suisse n'a d'intérêt fiscal que si vous êtes imposé en Suisse en statut quasi-résident. Avant de signer quoi que ce soit, lisez notre page 3e pilier frontalier : simulateur et guide et méfiez-vous des démarchages agressifs de la première année.
Les nouveaux frontaliers sont la cible préférée des vendeurs de produits de prévoyance. Aucune décision d'épargne ne presse dans les 3 premiers mois : la seule urgence réelle, c'est le droit d'option santé.