Lire son code barème

Tout commence sur la fiche de paie. Une lettre, un chiffre, parfois un Y ou un N à la fin. Ce code détermine le pourcentage que votre employeur prélève chaque mois. À Genève, le canton publie le fichier officiel tar26GE qui contient tous les taux 2026. Quatre familles dominent.

  • A : célibataire, séparé, divorcé, veuf.
  • B : marié, un seul des deux conjoints travaille.
  • C : marié, les deux conjoints travaillent (bi-actif).
  • H : personne seule vivant avec un enfant à charge.

Le chiffre qui suit (0 à 5) correspond au nombre d'enfants. Si ce code ne reflète pas votre vraie vie, vous êtes dans l'une des erreurs ci-dessous. Et chaque erreur se chiffre.

Les 7 erreurs que l'on voit le plus

1. Le mauvais code dès l'embauche

Le grand classique. Le service RH coche un code par défaut, souvent A0, sans vérifier votre situation familiale. Un couple bi-actif laissé en A0 au lieu de C0 paie environ un point et demi de trop. Sur 80 000 CHF, l'écart entre 11,1 % et 9,5 % représente 1 280 CHF par an.

2. Le mariage signalé trop tard

Vous vous mariez en mars, vous le dites à votre RH en septembre. Ce sont six mois de retenue au mauvais barème. Le trop-perçu est récupérable, mais seulement via la rectification, et seulement avant le 31 mars de l'année suivante.

3. La naissance non répercutée

Un enfant fait passer de A0 à A1, ou de C1 à C2. Chaque charge d'enfant abaisse le taux. Oublier de déclarer une naissance, c'est laisser filer plusieurs centaines de francs par an, parfois plus de 1 000 CHF selon le salaire.

4. Le barème B au lieu du C

Un couple où les deux travaillent doit être en C, pas en B. Le barème B (couple monoactif) part du principe qu'un seul salaire entre dans le foyer. Appliqué à tort à un couple bi-actif, il fausse le taux dans un sens comme dans l'autre, et donne souvent lieu à régularisation.

5. Le concubin mal classé

Les concubins ne sont pas mariés au sens fiscal. Chacun est imposé séparément. Le barème H ne concerne que la personne seule avec un enfant à charge. On voit régulièrement des concubins basculés à tort en barème de couple, ou inversement, avec un enfant rattaché au mauvais parent.

6. Le quasi-résident jamais demandé

C'est l'erreur la plus coûteuse, et la plus silencieuse, parce qu'elle ne se voit pas sur la fiche de paie. Si vos revenus suisses dépassent 90 % de ceux du foyer, vous pouvez passer en taxation ordinaire et déduire 3e pilier, frais réels, intérêts d'emprunt. Gain médian constaté : 2 920 CHF par an. Le barème à la source, lui, ignore tout cela. Pour comprendre l'arbitrage, voyez notre comparatif DRIS ou quasi-résident.

7. Le trop-perçu jamais réclamé

Beaucoup de frontaliers repèrent l'erreur, mais ne déposent jamais la rectification. Or le délai est ferme : 31 mars de l'année suivante. Passé cette date, l'argent est perdu. Une rectification prend une vingtaine de minutes pour, en moyenne, plus de 2 800 CHF récupérés.

Le réflexe de janvier

Comparez code barème et certificat de salaire

Chaque janvier, à réception du certificat de salaire, vérifiez deux choses : le code barème appliqué et le taux moyen prélevé sur l'année. Un test rapide sur notre simulateur vous dit en une minute si le compte est bon ou si une rectification s'impose.

Le tableau des codes et de leur coût

Ordre de grandeur de l'écart de taux à la source, sur un salaire de 80 000 CHF, selon l'erreur.

Situation réelleBon codeErreur fréquenteCoût indicatif / an
Couple bi-actifC0A0 par défautenviron 1 280 CHF
Un enfant à chargeA1 / C1A0 / C0500 à 1 200 CHF
Couple monoactifB0C0 appliqué à tortvariable, à régulariser
Quasi-résident éligibleTOUsource seule2 920 CHF (gain médian)

Comment corriger sans rien perdre

Deux gestes, dans cet ordre.

  1. Pour l'avenir. Signalez tout changement à votre RH dans les 30 jours. La fiche de paie suivante est ajustée, gratuitement, immédiatement.
  2. Pour le passé. Déposez une rectification (DRIS) avant le 31 mars de l'année suivante pour récupérer le trop-payé de l'année écoulée.

Avant tout, vérifiez le chiffre. Notre simulateur d'impôt à la source recalcule votre taux selon le bon barème, et notre test quasi-résident vous dit si la 6e erreur vous concerne. Pour un cas complexe, notre audit gratuit relit votre fiche de paie ligne à ligne. Et pour ne pas rater la date, gardez l'oeil sur le calendrier fiscal 2026.

FAQ, vos questions fréquentes

Comment savoir si mon barème d'impôt source est faux ?
Lisez le code barème (A, B, C ou H suivi d'un chiffre) sur votre fiche de paie. Il doit correspondre à votre situation : A pour un célibataire, B pour un couple monoactif, C pour un couple bi-actif, H pour un concubin avec enfant à charge. Le chiffre indique le nombre d'enfants. Si le code ne colle pas, votre barème est faux et vous payez probablement trop.
Combien peut coûter une erreur de barème ?
Jusqu'à 5 000 CHF par an sur un salaire de 90 000 CHF. Entre un barème A0 et un barème C0, l'écart de taux dépasse souvent un point et demi, soit plus de 1 200 CHF. Un mariage déclaré six mois en retard ou des enfants oubliés peuvent aggraver l'écart bien davantage.
Comment corriger une erreur de barème à Genève ?
Deux voies. Signalez le changement à votre employeur sous 30 jours pour ajuster la fiche de paie suivante. Pour récupérer le trop-payé d'une année écoulée, déposez une rectification (DRIS) avant le 31 mars de l'année suivante. Au-delà, le remboursement est perdu.
Le quasi-résident est-il une erreur de barème ?
Pas exactement, mais ignorer le quasi-résident est l'erreur la plus coûteuse. Si vos revenus suisses dépassent 90 % de ceux du foyer, la taxation ordinaire ultérieure débloque des déductions (3e pilier, frais réels) que le barème à la source ne prend pas en compte. Gain médian constaté : 2 920 CHF par an.