Les cotisations sociales, le premier étage
Un salaire suisse paraît énorme vu de France. Il l'est, mais il ne se garde pas en entier. Avant même l'impôt, l'employeur prélève les cotisations sociales obligatoires. Elles sont partagées à parts égales avec lui, et voici la part qui sort de votre poche en 2026.
- AVS (vieillesse et survivants) : 8,7 % au total, soit 4,35 % pour vous.
- AI (invalidité) : 1,4 % au total, soit 0,7 %.
- APG (allocations pour perte de gain) : 0,5 % au total, soit 0,25 %.
- Assurance chômage : 2,2 % au total, soit 1,1 %, jusqu'à 148 200 CHF de salaire annuel.
- Assurance accidents non professionnels : un petit pourcentage, souvent autour de 1 %.
Les trois premières (AVS, AI, APG) forment le premier pilier et représentent ensemble 5,3 % de votre brut, sans plafond. Ajoutez le chômage et les accidents, et vous tournez déjà autour de 7 à 8 % de retenues, avant même de parler de retraite professionnelle.
Le 2e pilier LPP, variable selon l'âge
C'est la retenue qui surprend le plus, parce qu'elle change avec l'âge. La LPP, le deuxième pilier, devient obligatoire dès 22 680 CHF de salaire annuel en 2026 (1 890 CHF par mois). Elle ne porte pas sur tout le salaire, mais sur la part dite coordonnée, après déduction d'un seuil.
Les cotisations, appelées bonifications, montent avec l'âge : de l'ordre de 7 % entre 25 et 34 ans, 10 % entre 35 et 44 ans, 15 % entre 45 et 54 ans, et 18 % au-delà. Ces taux sont partagés avec l'employeur, votre part représente donc en gros la moitié. Conséquence concrète : à salaire égal, un cadre de 55 ans voit un net mensuel plus bas qu'un collègue de 30 ans, parce qu'il cotise davantage pour sa retraite.
L'impôt à la source, propre au frontalier
Là où un résident suisse remplit une déclaration et paie son impôt plus tard, le frontalier de Genève le voit retenu directement sur la fiche de paie. C'est l'impôt à la source, calculé selon votre barème (A, B, C ou H). Sur un salaire de 90 000 CHF, il représente couramment 9 à 12 %, parfois plus selon la situation familiale.
Ce prélèvement n'est pas figé. Un bon barème, ou un passage en quasi-résident, peut remonter votre net réel de plusieurs milliers de francs par an. À l'inverse, un mauvais code de barème vous coûte sans que vous le voyiez. C'est le poste le plus facile à optimiser.
Calcul du salaire net suisse : un exemple chiffré
Pour le calcul du salaire net suisse d'un frontalier, prenons un brut de 6 500 CHF par mois, pour un frontalier de 38 ans imposé à la source. Voici une décomposition indicative du salaire net suisse : les montants exacts dépendent de la caisse de pension et du barème.
| Ligne | Taux indicatif | Montant |
|---|---|---|
| Salaire brut | 100 % | 6 500 CHF |
| AVS, AI, APG | 5,3 % | − 345 CHF |
| Assurance chômage | 1,1 % | − 72 CHF |
| LPP (2e pilier) | environ 5 % | − 325 CHF |
| Accidents non prof. | environ 1 % | − 65 CHF |
| Salaire net avant impôt | environ 88 % | environ 5 693 CHF |
| Impôt à la source | environ 9 % | − 585 CHF |
| Net en poche | environ 79 % | environ 5 108 CHF |
On retombe sur la règle des 78 à 85 %. Le curseur exact dépend surtout de deux choses : votre tranche d'âge (qui fixe la LPP) et votre barème d'impôt (qui dépend de votre situation familiale).
Ne comparez jamais un brut suisse à un net français
L'erreur classique en entretien. Le brut suisse impressionne, mais comparez net contre net, frais de transport transfrontalier inclus. Notre simulateur traduit le brut affiché en net après impôt à la source en une minute.
Le 13e salaire, à ne pas oublier
La plupart des contrats suisses prévoient un 13e salaire, soit un mois de plus versé en fin d'année, parfois en deux fois. Il n'échappe ni aux cotisations ni à l'impôt à la source : c'est un salaire comme un autre. Mais il change votre lecture d'une offre. Un brut annoncé à 6 500 CHF sur treize mois fait 84 500 CHF par an, pas 78 000. Quand vous comparez deux offres, vérifiez toujours si le montant est sur douze ou treize mois.
Pour chiffrer votre cas précis, le plus simple reste notre simulateur d'impôt à la source. Et pour situer ce net dans le marché, voyez notre guide salaire à Genève et dans le canton de Vaud. Un audit gratuit fait le reste.
Le solde de tout compte du frontalier
À la fin d'un contrat suisse, l'employeur établit un solde de tout compte : le dernier décompte de salaire qui regroupe tout ce qui vous est encore dû. Pour un frontalier, le solde de tout compte suit les mêmes règles de cotisations et d'impôt à la source que les salaires mensuels.
- Dernier salaire au prorata des jours travaillés.
- Vacances non prises, payées en argent.
- 13e salaire au prorata de la durée travaillée dans l'année.
- Heures supplémentaires non compensées, si prévues au contrat ou à la CCT.
Vérifiez chaque ligne : le solde de tout compte frontalier reste soumis à l'AVS, à la LPP et à l'impôt à la source. En cas de départ contraint, voyez aussi notre guide licenciement du frontalier en Suisse.