La période d'essai
Tout contrat suisse commence en général par un temps d'essai. Sa durée est d'un mois par défaut, et peut être portée à trois mois au maximum si le contrat ou la convention collective le prévoit. Cette phase sert aux deux parties : l'employeur jauge vos compétences, vous vérifiez que le poste tient ses promesses.
Pendant l'essai, la rupture est rapide. Chacun peut résilier moyennant un préavis de 7 jours, sans avoir à se justifier. C'est plus souple qu'en France, dans les deux sens. Conséquence pratique pour un frontalier : ne posez pas tous vos repères de vie sur un poste tant que l'essai n'est pas passé, et gardez de quoi rebondir.
Le préavis : l'article 335c en clair
L'essai terminé, les délais s'allongent. L'article 335c du Code des obligations fixe les minimaux légaux, calés sur votre ancienneté.
| Ancienneté | Délai de préavis | Échéance |
|---|---|---|
| Temps d'essai | 7 jours | n'importe quel jour |
| 1re année de service | 1 mois | pour la fin d'un mois |
| 2e à 9e année | 2 mois | pour la fin d'un mois |
| Dès la 10e année | 3 mois | pour la fin d'un mois |
Ces délais valent pour les deux parties. Le contrat ou la convention collective peut les allonger, mais pas les réduire sous un mois après l'essai, sauf accord écrit pendant la première année. Le préavis se compte presque toujours pour la fin d'un mois : un congé donné le 10 mars avec un préavis d'un mois court jusqu'au 30 avril, pas au 10 avril.
Démissionner proprement
Une démission propre vous protège et préserve votre réputation, précieuse sur un marché de l'emploi devenu plus tendu. La marche à suivre est simple.
- Par écrit. Une lettre de démission datée et signée, remise en main propre contre signature ou envoyée en recommandé.
- Dans les délais. Respectez votre préavis et visez la fin du mois.
- Sans esclandre. Restez courtois, proposez un passage de relais. Le certificat de travail s'en ressentira.
- Le bon moment. Idéalement après avoir signé ailleurs, comme l'explique notre guide changer d'emploi en restant frontalier.
Le solde de tout compte
Avant de partir, faites le point sur ce qui vous est dû. Plusieurs postes se règlent au départ, et il serait dommage de les oublier.
- Vacances non prises, payées si vous ne pouvez pas les solder pendant le préavis.
- Heures supplémentaires en attente, à compenser ou à payer.
- 13e salaire au prorata des mois travaillés dans l'année.
- Certificat de travail, à réclamer systématiquement, il pèse lourd pour la suite.
- 2e pilier (LPP), dont l'avoir doit être transféré vers votre nouvelle caisse ou vers une institution de libre passage.
Le certificat de travail
En Suisse, ce document vous suit toute votre carrière, et ses formules sont décryptées par les recruteurs. Relisez-le attentivement, demandez une correction s'il vous dessert. C'est un droit, pas une faveur.
Démission et chômage
Un mot d'attention pour les frontaliers. Comme c'est la France qui indemnise le chômage du frontalier, c'est aussi la règle française qui s'applique en cas de démission. Quitter un poste sans motif reconnu entraîne en général un délai de carence ou des jours de suspension avant toute indemnisation.
La parade est connue : ne démissionnez pas dans le vide. Enchaînez sur un nouveau contrat, et la question ne se pose plus. Si votre départ est subi plutôt que choisi, regardez plutôt notre guide chômage frontalier France-Suisse. Pour cadrer votre situation précise, notre audit gratuit fait le point sur préavis, solde et droits.